06 décembre 2015

Passeur de feu

Où est passé le feu ?Celui qui pétille et qui danse derrière le rond noir des pupilles, où est-il ?Bien sûr, ils sont vivants, tous, puisqu’ils respirent. Respirer suffit-il à déterminer que l’on est vivant ? Mais vivre, c’est embrasser le jour, c’est célébrer la nuit. C’est aimer les nuages et la pluie qui ruisselle, le soleil qui surgit, suivi de l’arc aux multiples couleurs ; car il n’y en a pas que sept comme on l’a laissé croire, il y en a une infinité : nous sommes simplement trop loin pour les voir.... [Lire la suite]
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05 décembre 2015

Il est là...

Il est là, allongé. Le canapé est trop petit. Une de ses jambes est repliée. Il a fermé les yeux.https://www.youtube.com/watch?v=vwbxsM-131s Il écoute les voix de ces prières chantées, ces mélodies slavonnes des offices orthodoxes. Les basses sont profondes. Les aigus harmonieux. Ces chants parlent au profond de l’âme depuis le profond de celles des chanteurs. Ils couvrent les pensées d’un voile de silence.Il s’est endormi. Le vieux chat perché, au dessus de lui, le regarde attendri. Où son esprit est-il parti ? Ses traits sont... [Lire la suite]
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05 décembre 2015

Du désir encore...suite

Les hommes se sont laissés subtiliser leur désir. Oh, ce rapt n’est pas survenu en un jour. On ne peut même pas dire qu’il ait été pré-médité. Comme ce mot dans ce verbe prend une sale petite couleur brune…C’est arrivé lorsque certains hommes ont compris qu’ils pouvaient fabriquer des biens en grand nombre, et en tirer un plus grand profit. Mais des biens sans âme, sans personnalité, mais dont certains répondaient à un besoin. Certains. Pas tous.Les hommes ont été chassés par les machines des campagnes vers les villes. Il fallait bien... [Lire la suite]
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04 décembre 2015

Du désir encore...

Désirer n’est pas convoiter.Le désir n’est pas gourmandise, concupiscence, jalousie, envie.Il ne conduit ni à la captation ni à l’appropriation ni à l’accumulation ni au remplissage ni au comblement d’un vide.Le désir est attente fiévreuse, amoureuse, besoin de s’offrir, de se donner à l’autre ou l’objet désiré. Si la graine ne désirait pas la lumière, dans l'obscur des entrailles de la terre, elle n'aurait pas la force de percer son enveloppe puis de traverser la terre pour s'ériger un jour en fleur ou en arbre majestueux...Le... [Lire la suite]
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03 décembre 2015

Du feu et du désir

Hier, je retrouvais une de mes classes après cinq semaines de stage. Entre temps, il y avait eu le carnage au Bataclan. Pas tout à fait leur âge, un peu plus vieux, tous ceux qui ont été fauchés par l’absurde de l’arbitraire. L’année précédente, c’est eux que j’avais accueillis le lendemain de Charlie. C’est eux qui m’avait vue pleurer, tant l’émotion m’avait submergée, tant je ne parvenais pas à leur dire l’urgence de changer, de regarder le monde en face et de crier qu’ils n’en voulaient plus de ce monde.Hier donc, j’avais mal à la... [Lire la suite]
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02 décembre 2015

Les galets

Dans le mitan du jour, se poser et s’éprendre du souffle dans les feuilles, de l’encore doux de l’air, de deux chats enroulés, et d’un chien aux aguets.Surprendre les mésanges devant les grains de blé.N’espérer rien de plus que ce qui est là, offert.Offert avec constance.Se souvenir alors de ces très vieux sauriens qui peuplèrent la terre.En avoir le vertige.Ils étaient grands et beaux. Le monde était à eux.Ils vivaient. Ils chassaient pour manger. Ils se reproduisaient. Ils mourraient. Ils sont morts. A jamais... Ce matin, je suis... [Lire la suite]
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01 décembre 2015

L'instant allait venir

L’instant allait venir. Le suivant.Ce serait le temps d’après le temps.Un temps plein de promesses et de tendres caresses.Il attendait, patient, que ce soit le moment.Il regardait la terre, les femmes bêtes de sommeLes ongles noirs d’enfants aux décharges des villesLes hommes aux lourds regards de haine et de colèreIl voyait les éclairs qui apportaient la mort,Ô pas ceux de l’orage et de la pluie féconde,Non, c’étaient ceux que crachent les armes et les bombes.L’instant allait venir, saisissant.Ce serait la vie d’après la vieSon... [Lire la suite]
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30 novembre 2015

Elle ne marche pas. Elle danse.

Elle ne marche pas. Elle danse. Son manteau, une toge de reine gitaneAutour d’elle, la lumière s’éclipse. Tant elle en est remplie.A ses lèvres, les souvenirs affleurent. Un sourire les éclaire.Des flammes dans ses yeux. Elle brûle. Elle est le feu.Ce feu dont s’enivrent les volcans en étincelles rouges dans l’obscur.Elle ne s’assoit pas sur ce siège de train. Elle trône, royale.Sa couronne invisible scintille flottant sur ses cheveux.Ses longues mains s’étirent dans l’espace et ouvrent l’à-venir.Sa joie paillette d’or le moindre de... [Lire la suite]
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29 novembre 2015

Le lac

Ses yeux d’azur profond, et l’eau de sa tendresseIl les porte enchâssés en gemmes de caressePour elle, il a marché sur les chemins du mondePour elle, il est allé sur les hautes montagnes Là où l’air est si pur que le regard se perdLà où silencieux, planent les grands oiseauxLà où les mots s’envolent et libèrent l’espritLà où les rochers roux se dressent et trouent le ciel Il a cueilli pour elle des ancolies sauvagesA peine dépliées sous le soleil de maiIl a caressé, tendre, leur robe de satinComme sa peau à elle, au tout petit matin... [Lire la suite]
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28 novembre 2015

Le chant du coeur

Un jour, comme les autres. Un jour d’automne, gris et morne. Un jour où tous les souffles sont en suspens.Les échines se courbent. Les visages se crispent.Des mains se tendent pourtant. Des sourires s’esquissent. Des relations se tentent.Cette femme qui promenait son chien, un magnifique dalmatien, alors que je promenais ce petit chien sans race mais au regard si tendre que je garde en ce moment, cette femme m’adresse la parole.A propos des chiens, bien sûr. C’est le sujet central des promeneurs de chien. C’est le sujet prétexte... [Lire la suite]
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