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Le journaliste écrit, en plein bilan des conséquences sur la consommation du mouvement des Gilets Jaunes:
"Les commerçants ont d’ores et déjà subi samedi une baisse de chiffre d’affaires comprise entre 20 % et 50%, voire près de 75 % pour certaines enseignes. "

Appeler commerçant les enseignes telles que Leclerc et autres qu'on sort (à l'attention des puristes, la faute est volontaire) est conforme à la définition du code de commerce.
Cependant entre le commerçant, le petit, et la grande enseigne manipulée par les appétits financiers des actionnaires, il y a la même différence qu'entre un nain et un géant. David et Goliath dans le même fourre tout?
Alors, je ne pleurerai pas sur les pertes de ces commerçants là: les "enseignes".

Il est peut-être bientôt proche le jour où nous allons devoir collectivement revoir notre manière de consommer, où les gens arrêteront d'acheter de l'inutile ou l'utile pas cher, car produit à l'autre bout du monde en faisant trimer d'autres pareils à eux;
où ils arrêteront d'acheter, non pas parce qu'ils n'en ont plus les moyens financiers, mais parce qu'ils auront compris qu'ils sont bernés depuis des décennies par des qui leur ont fait croire que le bonheur est dans l'acquisition du dernier objet high tech, dans la restauration rapide, dans l'achat de fraises d'Afrique du Sud en plein hiver, ou de caviar parce qu'il se dit que les gens de la haute en raffolent, ou dans la possession d'une caisse sur roues avec un moteur surpuissant;

Le dernier pouvoir pour faire changer le système, avant d'en arriver à la violence, c'est d'arrêter de le nourrir. Par notre manière de consommer, de vivre ensemble, de créer des solidarités de proximité, de mailler le territoire par des initiatives que portent actuellement les associations, telles les AMAP et certaines coopératives.

Ils ont des pieds d'argile; et leurs pieds c'est nous. C'est beau l'argile, cette belle terre rouge qui reflète le soleil en Afrique. Cette terre, cette adamah, dont il est dit que l'Ancien des jours modela l'homme avant que de lui insuffler son haleine de vie.
Être argile, oui, mais entre les mains de la Vie. Et refuser de marcher pour nourrir les géants.
Faire la grève des pieds. Et aller sur la grève, laisser l'écume effacer nos empreintes, cueillir un coquillage, ou bien un bois flotté, se serrer d'un peu plus près dans un sourire complice.
Revenir la peau salée des baisers des embruns.
Oublier les caddies de plus en plus souvent, revenir à nos terres, et les ensemencer.
Et observer comment s'effondrèrent les géants: nos enfants en riront un jour de ce monde dément dans lequel par faiblesse, par paresse nous avons consenti à entrer et à y perdre un peu de notre âme.

 

Encre Mauve, le 29 novembre 2018

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