arbres_lumière

De longues années durant j'ai travaillé pendant mes grandes vacances de prof, et fait des cauchemars quelques jours avant la rentrée.
Préparer les cours nouveaux qu'une énième réforme imposait.
Actualiser les cours de l'année précédente: l'actualité est toujours plus rapide que le contenu des pages des manuels scolaires.
Chercher des vidéos pour illustrer mon propos.
Mettre au point de nouvelles manières de faire réfléchir, travailler.
Quant aux cauchemars, ils relevaient de cet inconnu des classes nouvelles, toujours renouvelées, d'élèves/d'étudiants toujours aussi jeunes et moi pas!

Je ne regrette pas d'avoir pris soin de moi et par ricochet de mes élèves/ étudiants à venir, ainsi pendant les vacances: j'étais plus détendue, disponible en les retrouvant que si j'avais dû travailler au dernier moment, avec juste une semaine d'avance sur eux!

Mais cet été est spécial: premier été depuis.....ouhhhh....des années, sans devoirs de vacances.
Juste goûter le doux du temps qui passe, regarder au matin les feuilles du bouleau danser dans le soleil, écouter au loin frémir encore la nationale de ceux qui se rendent à la ville, savourer la douceur de l'air.
Et être reconnaissante envers ce système de protection sociale pour lequel j'ai cotisé et qui prend en charge le souci de mon âge venant. Système de protection mis en place au sortir de la 2nde guerre mondiale, sous De Gaulle, par son ministre communiste, Ambroise Croizat.
En espérant que mes enfants et petits enfants auront à leur tour la chance que j'ai eue.
Et surtout en espérant que les générations d'élèves et étudiants que j'ai côtoyées auront le courage de descendre aussi nombreux dans la rue que dimanche dernier pour refuser que soient anéantis les combats de leurs grands parents.

 

Encre Mauve, le 19 juillet 2018