le chant du mondehttps://www.youtube.com/watch?v=_FkiD5nR-Os

Une voix, la nuit, l’enrougi d’un feu
Des yeux ardents, la lueur de la flamme,
Minuscule dans la pupille.
Cercle noir de braise, miroir qui voit.

Le son appelle les esprits de la savane et de la steppe
Soudain, le lion, le loup, présences
Le ricanement des singes dans la canopée.
Frottements, sifflements et passe le ventre du serpent.

L’homme offre sa voix aux sans voix.
Et puis le chant du vent, des grandes chutes d’eau,
Fracassées au rocher, loin, si loin, là-bas, si bas.

L’homme, un autre, de danse enveloppé, se lève
Frappe la terre, et bras levés en corolle
Et tourne, tourne, extasié, s’élance au ciel, prière

L’homme chante toujours,
Sa psalmodie : le chant du monde, l’universel,
Uni en lui, uni avec eux assis dans l’écoute.

Et au creux des sons, ce souffle, ce souffle.
Enfle, s’élargit, s’espace le silence au cœur de l’instant
Au cœur des présents.
Extrême présent de l’extrême présence aux frontières du dit.

Aux frontières du plus rien
Mais où tout s’origine.
De silences en silence.
Derrière l’onde du son.

Là où veille la lumière des étoiles.

 

MC Mars 2016