femme_beautéAu point du jour naissant, j’étais allée marcher
Pieds nus dans la rosée.
L’herbe était pailletée d’un tapis de diamants,
Les araignées filaient pour secouer leurs toiles
Au sol des taches d’ombre et la lumière en traits.
La peau de l’étang lisse s’offrait, miroir au ciel
Je vis deux fois alors se lever le soleil, sa caresse rougie aux flancs des lourds nuages reflétée en écho par la fidélité de l’eau.

Révélée par la brume, elle marcha vers moi, comme flottant dans l’air au beau milieu des flots, mains légères et voiles évanescents ; ses traits m’étaient cachés : elle n’était que sourire et promesse d’à-venir.
Autour d’elle bruissaient les chants de mille oiseaux sortis de la forêt quand s’éleva sa voix.
Le temps se fit suspens pour ma contemplation.
Le silence en moi s’offrit en symphonie.
Il ne se passa rien que n’enferment les mots.
Je sus qu’elle m’attendait. Et depuis si longtemps.
Il me faudrait la chanter, l’écrire, et puis la peindre jusqu’au content de mes jours, jusqu’à ce que mon souffle se fonde dans le vent une dernière fois.
Je lui fis la promesse, elle m’offrit en partage une miette de joie qu’elle déposa aux arbres, à la terre, à l’air et aux oiseaux, afin que je les vis, par ses yeux magnifiés, nimbés de sa lumière.

Et cette joie demeure, source aux murmures bavards qui sourd depuis mon cœur et passe dans mes veines, à chaque instant de vie que la vie m’offre à vivre.

 

MC Février 2016