tête sagesseAimer l’instant qui est, le cœur nu du passé,
Les mains en coupe ouverte sous le grand bleu du ciel,
Les oreilles charmées par quelque chant d’oiseau

Quitter ses certitudes, et abraser son âme
De tous ses souvenirs, de toutes ses croyances
Empilements confus en millefeuille fané

Savourer la présence rougeoyante en l’ami,
Filigrane discret d’une empreinte de feu
Remisée aux archives de ses heures glorieuses

Voir se superposer sur l’austère vieillard
Ou sur la vieille femme, l’enfant qui, hier jouait
À pousser de son pied un caillou sur le sol,

Esquisser un sourire, tendresse éclaboussée
Par ces images fraîches au goût d’éternité, 
Le cœur tout chaviré de belles émotions

Écouter de leurs voix la musique des mots
Le rythme de la vie qui chaque instant se donne,
Fille de joie aimante aux jupons virevoltants

Les laisser dire et croire qu’ils peuvent avoir raison,
Tout en confiant au temps de vérifier leurs œuvres,
De redresser le courbe et calmer le fiévreux.

S’abandonner enfin à plus haute sagesse :
Celle de ne pas savoir et de rester rivé
Sur le beau et le noble, réelle royauté.

 

MC Février 2016