C’était au cours d’une longue nuit. Celle qui précédait la sainte Lucie. Lucie, la lumière au creux de ce décembre enténébré par les querelles des hommes.
Une longue limousine gris argent l’attendait pour la conduire à sa destination. Deux hommes dans cette voiture. Elle était accompagnée d'une amie.
La voiture roula sur la terre ferme quelques temps, puis commença sa descente vers un lac. Elle ne parvenait pas à croire qu'ils allaient rouler sous l’eau mais ce fut le cas.
Son amie flottait dans l’eau, fermement accrochée à la main de l’homme qui était à l’arrière. N’en pouvant plus d’être en apnée, elle se hasarda à respirer. Quelle ne fut pas sa surprise de pouvoir respirer l’eau sans être étouffée. Elle respira ainsi profondément deux ou trois fois.
La descente fut longue au sein de cette eau profonde. Grand silence. La voiture fendait les flots et suivait son chemin.

Ils arrivèrent enfin dans un grand lieu de rassemblement. Il y avait une foule de gens affairés à déballer des sacs, déposant leurs objets, leurs livres sur des tables. On eût dit une foire. Déambulant dans les allées, car elle n’avait rien à exposer, elle repéra quelques personnes très concentrées près d’une table. Elles semblaient regarder un objet qu'elle ne distinguait pas clairement de si loin.
Se rapprochant, elle vit, posée sur la table, une main.

main de fatmaCes mains appelées khamsa, mains de fatma en islam ou encore main de Dieu. Avec cinq doigts, dont trois dressés et les deux doigts extérieurs ouverts. Cette main était en or, mais un or un peu terne. En la frottant, l’or apparaissait plus brillant et révélait, par les zones devenues plus lumineuses, la vocation de la personne. Il fallait pour ce faire, tremper ses doigts dans ce qui me fut désigné comme étant de l’eau lustrale. L’eau était dans un grand bol en céramique. Son amie, qui avait déjà fait le test, lui montra la photo de ce que le procédé lui avait révélé. Il était évident qu’elle était dans son chemin en pratiquant une technique orientale de soins qui apaisait les personnes puisque les zones révélées correspondaient à la nuit et au sommeil, donc au repos.

Enfin lui fut présentée une icône qu'elle n’avait encore jamais vue.
C’était Marie, la mère du Christ, debout en majesté, toute de rouge vêtue, se tenant dans une mandorle de laquelle irradiait une multitude de rayons. Le rouge était intense et les rayons se détachaient sur fond d’or. Elle se souvint alors que l’amie, plongée avec elle dans ce voyage, lui avait commandé la réalisation d'une icône du Christ en majesté pour le baptême de son petit fils…Elle se demanda si cette vision n'était pas en relation avec cette commande

vierge en majesté Elle déambula ensuite dans une grande fabrique où des hommes réalisaient d’étranges machines. Puis elle emprunta avec l’amie, revenue à ses côtés une série de couloirs et d’escaliers qui étaient censés leur permettre de sortir de ce bâtiment.

Je vous raconterai la suite de l’histoire quand elle l'aura rêvée…

Il lui souvient toutefois que la veille, elle avait rencontré deux hommes, venus l’enseigner. Elle avait conscience de la préciosité et de la rareté de cet échange même si elle n’en avait pas retenu les termes précis. La véritable transmission se passe au-delà des mots. Dans les profondeurs de l'être. D'être à être.

 

 

MC Décembre 2015