railsDésespérance, des espérances déçues.
Déserts, des aires abandonnées, des terres en jachère,
jonchées de feuilles mortes, couvertes de folle avoine
et de ronces sauvages,
passées de sangliers et de chevreuils légers
l'esprit à l'abandon comme sol délaissé,
argile délitée sous le feu dévorant d'une soif de clinquant,
cheminées de fée, par les fées délaissées,
dressées au vent mauvais, posées là, sans question,
sans nulle autre ambition que survivre à l'instant,
voies sans nulle autre issue que la course en avant.

Esquifs de planches frêles sans voiles, ni misaine,
sans aucun capitaine, autant d'oiseaux sans ailes.
Ils sont posés, là, ils ont baissé les bras,
nourris de pauvres joies,
insensibles aux émois du monde,
sourds à la terre qui gronde.
Ils errent en leur vie sans espoir de demain,
soldats déjà vaincus d'une guerre sans pitié,
d'une guerre sans tranchées,
d'une guerre cachée derrière des mots savants:
productivité, rendement, profits et dividendes,
coups d'pub et propagandes,
mensonges et prébendes,
d'une guerre qui tue l'homme en l'homme,
pour quelques pourcentages que seuls se partagent
les élus, aveugles en leurs châteaux, loin des hommes, de leurs maux,
sinistres prêtres de cette liturgie et de ses litanies au dieu argent offerte.

Ils sont là, ils sont las, déjà.
Ils sont jeunes pourtant, à peine vingt ans.
Et ils ne rêvent plus, la flamme dans leurs yeux n'est plus.
Leurs dieux à eux portent maillots, et vivent de leurs bravos.
Ils sont las et ils ne sont plus là.
Leur esprit? enfui, enfoui, nourri de pensées faciles,
séduit par des leurres habiles.
Leur esprit se meurt, lente agonie, sans heurt,
sans bruit, sans peur.
Leur esprit les fuit et se réfugie ailleurs...
Là où personne ne va les déranger,
dans ce sommeil profond, dans ce vide sans fond.

 

Ils ne sont plus là....

MC 07 octobre 2014