gareLa guerre est déclarée depuis longtemps déjà.

Contre l’homme.

Par l’homme contre l’homme.

Le profit comme critère de mesure de l’utilité d’une décision, comme élément décisif des choix de société.
Le profit censé concilier l’intérêt individuel et l’intérêt collectif.
Mais quelle idiotie.

Au nom du profit, on a coupé les paysans de leur terre, les artisans de leurs savoir faire, 
on a entassé les hommes dans des villes où ils ne peuvent même plus, le soir, compter les étoiles,
on a volé les terres de peuples entiers,
on a vendu des armes,
on a sacrifié les petits métiers,
on a découpé l’homme en spécialités médicales,
on a oublié les simples qui guérissaient pour de la chimie qui soigne d’un côté pour détruire de l’autre,
on a dénaturé la nourriture, on a accepté des alliances avec des pays qui ne respectent pas les femmes,
on a fait travailler comme bêtes de somme des enfants à l’autre bout du monde,
on a pillé la nature et pollué ses eaux, son atmosphère,
on a vendu du rêve à grands renforts de tentations publicitaires,
on a endormi le peuple à coup de programmes débilitants,
on l’a rendu voyeur devant la téléréalité,
on a affecté un audimat aux journaux télévisés,
on a substitué à la religion institutionnelle et à ses dogmes la religion du consommer dans les temples modernes du samedi matin,
on a créé l’urgence et la précipitation,
on a démantelé les services publics.
On a pris en otage les hommes les mettant sous pression, leur ôtant ainsi les moyens de prendre du recul.
On leur a volé leur désir en y substituant les faux besoins insinués de manière lancinante à longueur d’écrans.
On a placé des écrans entre eux et la réalité.
On les a dépossédés de leur culture en y substituant l’uniformisation des villes, des centres commerciaux, des constructions, des centres de loisirs, de la restauration.

On a créé des contrefeux pour qu’ils croient que l’autre est la cause de leurs maux et on leur a désigné l’ennemi à haïr, l’autre, le différent parce qu’il est différent, l’étranger parce qu’il est étranger, le réfugié parce qu’il vient manger le pain du natif.

Les premiers blessés de cette guerre ce sont tous ces pauvres gens qui ont choisi, par facilité intellectuelle, par peur, par manque d’esprit critique ou de discernement, par nombrilisme répugnant, par envie d’en découdre ceux qui brandissent l’étendard de la haine de l’autre, de la peur et du mépris.
Les suivants sur la liste seront légions lorsque seront au pouvoir tous les violents qui se sont réfugiés sous la bannière de ces partis qui puent la chair encore fumante de tous les morts de la seconde guerre mondiale. De ces partis qui montent en puissance dans l’Europe qui avait été conçue comme un espace de paix mais qui a été vouée au dieu profit et à la déesse rentabilité.

Il serait temps que tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, et j’en croise tous les jours, inventent un autre vivre ensemble, se réveillent du mauvais rêve dans lequel ils ont été plongés.

 

MC Décembre 2015