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L’instant allait venir. Le suivant.
Ce serait le temps d’après le temps.
Un temps plein de promesses et de tendres caresses.

Il attendait, patient, que ce soit le moment.

Il regardait la terre, les femmes bêtes de somme
Les ongles noirs d’enfants aux décharges des villes
Les hommes aux lourds regards de haine et de colère
Il voyait les éclairs qui apportaient la mort,
Ô pas ceux de l’orage et de la pluie féconde,
Non, c’étaient ceux que crachent les armes et les bombes.


L’instant allait venir, saisissant.
Ce serait la vie d’après la vie
Son étoffe de soie serait rebrodée d’or.

Il attendait, patient, que ce soit le moment.

Il comptait les saisons et leur retour fidèle,
De l’obscur des racines au grand soleil d’été
Il plongeait son regard dans le froissé des fleurs,
Leur géométrie sage, l’or du nombre décliné,
Ces spirales en reflet des galaxies lointaines
Recherchant l’axe unique de ces déroulements.


L’instant allait surprendre le temps.
Ce serait le silence en nos songes.
Il serait vaste et ample, un océan de paix.

Il attendait, patient, que ce soit le moment.

Il voyait chaque nuit l’attente des rêveurs,
Des doux dingues embrasés qui tressaient en pleurant
Les mots de l’espérance : la vie et puis la paix
Et des chants et des danses et des rires légers
Des veilleurs de l’aurore au milieu de l’obscur,
Des guetteurs d’arcs en ciel au sable du désert.


L’instant serait comme le printemps
Ce serait le fou, l’inespéré
Il serait doux et tendre, comme l’amour donné

Il attendait, patient, le moment s’approchait

Derrière les soubresauts d’une terre en déroute
Dans les déraillements de la vieille machine
Dans les tempêtes rouges des peuples assoiffés
Il lisait cette attente que beaucoup partageaient
Cette espérance folle d’une autre humanité
Il savait que bientôt il serait accueilli.

 

MC Décembre 2015