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Ce matin, l’or s’était installé sur les têtes des arbres. Une légèreté de la lumière en poudre réjouissait les yeux et le cœur assombri.
Au détour du chemin, seule, sur son rosier, une rose pleurait.
La rose de l’amour blessée malgré ses piques dressées.
Ce matin, dans la cour grise, le soleil, par pudeur, s’était alors voilé. Ce matin, une voix de vivante, aux mots de Barbara, a donné sa chaleur.Ce matin, des noms furent égrenés.
Sinistre chapelet de vies fauchées.

Mon cœur à nouveau a rouvert sa plaie saignante et les larmes ont embué mes yeux.
Comment ne pas être émue ?
Ces jeunes, ces vies, j’aurais pu les croiser tout au long de ma carrière. Ces jeunes, ces vies, ils sont de l’âge de mon fils.
Et puis, plus rien.
Le souffle, retourné au grand vent du souvenir.
Leur chair, rendue à la poussière.
Et la peine des proches, comme une nuée grise à jamais sur leurs cœurs endeuillés.

Ils ont tous entendu. Tous ces hommes politiques. Les noms dans ce silence lancinant et ce chant. Le chant des esclaves de Nabucco.
Mais qui sont les esclaves ?
Qui doit-on libérer ? Et de qui ?
Ne nous trompons pas d’ennemi. Ne nous trompons pas : la haine n’est pas, n’est jamais la solution.
Le combat, s’il n’est pas intérieur, pour plus de conscience, d’ouverture à l’autre, de respect, dans chacun des aspects de nos vies, ce combat sera vain.

 

MC Novembre 2015