ciel nuit retravaillé

C’est l’instant où l’obscur étire
La nuit en son velours indigo
Pâles lueurs les étoiles
Traversent le voile
Présences silencieuses
Au mitan de mes songes
Une âme flotte, brume incertaine
Aux limbes de ma mémoire

Etais-tu là ? Ou était-ce en rêve
Ce regard vert plongé en moi ?
L’estompe tremblée de ta présence
Creuse le lit, froisse les draps.
Mes mains encore chaudes
Tissent dans l’espace
Le souvenir des tiennes.

Le silence se referme
Comme l’eau de l’étang
Sur la pierre de ma joie
Enfouie, enfuie, avec toi.
C’est l’instant où le juste voyage
En son ardente paix dans l’infini.

Je guette par la fenêtre
Un visage, une voix,
Le hibou en son hululement
Un souffle, c’est le vent
Aux ramures des arbres.

Un pas, le hérisson,
Sa course sur le gazon
Un soupir léger,
une page tournée.

La vie est là.
Toi, pas.
Tu es sur tes chemins.

Moi sur le mien
Sans toi.

Qu'il en soit ainsi.


MC Novembre 2015