la jeune mère

Tu es tombée du ciel, un jour
Toute nimbée de poussières d’étoiles
Tu n’avais pas vraiment envie
Mais voilà, je t’attendais :
On s’était donné rendez-vous
Un jour de lune claire
Il y a de cela tant d’années.
J’étais arrivée la première
En avance, impatiente,
Comme je le suis toujours.
J’avais, inscrit dans mes cellules
Cet appétit de vivre, de découvrir
D’apprendre.
Je savais que là-haut était
Aussi en bas, sur la terre des hommes.

Toi, tu préférais danser avec les anges
Compter et recompter les étoiles
Courir entre les galaxies
Évitant les trous noirs et
Les orages magnétiques.
Un jour que tu sautais au-dessus
Des nuages, un vague souvenir
Est venu ternir ton plaisir.
De rêve en rêve, de moins en moins fugace
Revenait un visage, résonnait une promesse.
L’évidence t’a un jour conduite
Au-dessus de la chambre où
Deux humains célébraient leur joie
Et tu t’es blottie au cœur de leur bonheur.

Tu as toujours aimé les endroits accueillants.
La séparation fut brutale
D’autant plus que l’amnésie de la naissance
T’avait privée de tes souvenirs.
Tout n’était que souffrance, métal
Et froideur d’hôpital.
Tu revins au foyer pour m’en déloger :
Apprendre, apprendre : il le fallait,
Mais loin de toi, loin du nid
Dont la vie me sortait déjà.
Mais j’étais déjà solide
Et ma joie d’assouvir une curiosité
L’emportait sur la peine d’être séparée.
Et puis, je revenais, souvent,
Je regardais grandir, s’épanouir
Ce bébé souriant que tu étais.

Un jour, un jour d’été,
Couchée dans ton landau
À l’ombre du généreux tilleul
Ce fut la rencontre,
Les retrouvailles plutôt.
Quatre yeux en langage muet
Deux sourires attendus
Tendresse et confiance échangées
Notre chemin de nouveau
Pouvait se dérouler.

Chemin vers la Lumière
Moi qui la voyais partout
Et moi qui te prêtais mes yeux
Pour en capter les traces,
Moi qu’elle traversait
Sans que j’en ai conscience
Sur ce fil, par nous seules, visible
Tu t’es aventurée
Ariane dans ce labyrinthe
Obscur, de labeur, de patience
De rebuffade et de mésamour.

Ô combien j’ai pleuré de te savoir
Souffrir, de te savoir errer,
Engluée dans l’épaisseur du temps
Dans le poids des soucis : argent, enfant
Rien ne te fut épargné.
Elles étaient loin les douces prairies
Du ciel où tu aimais tant promener.
Et doucement, de rêve en rêve,
De moins en moins fugace,
Tu te souvenais de là-haut
Et tu comprenais à ton tour
Que là-haut et ici-bas, seule
Compte la Lumière et tous nos pas
Pour la mettre au milieu
De la pièce, au milieu de la maison,
De la ville, de l’univers
Afin de réunir Lumière d’en haut
Et lumière d’en bas,
Qui ne sont qu’une, déclinées
En milliers de reflets, d’échos de joie.

 

MC 24 Octobre 2012

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" La jeune mère", collage réalisé par l'auteur

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