2feuilles

Dessiner dans le noir ton sourire de voyou.
Laisser la lune pleine éclairer notre couche.
Poser sur ton dos nu mes deux mains frémissantes.
Descendre lentement vers tes cuisses musclées

Revenir au présent : ton absence s’étire
Le mal de toi se dissout dans le vide.
Les mille liens tressés au fil de ces années
Se dénouent un à un, il ne reste qu’un fil
Sur lequel je marche, seule, légère plume.

L’automne attire les feuilles à terre
Un dernier chant du cygne
L’or de l’été en point d’orgue final
Tes yeux clairs flottent encore
Aux brumes de mon cœur
Et ton rire en cascade résonne
En harmoniques de ton grand silence.

Tu danses en ma mémoire
Nos étreintes amoureuses.
Je veille sur tes traversées pavées
De sourdes désespérances
Je n’entends que l’écho de la pierre
Au fond du puits de ces longs jours
Sans nous deux à construire.

Asymptote fugace, tu as frôlé mes hanches
Et devenu tangente, tu as rejoint
L’espace des amoures passées.
Je dessine dans le noir l’ombre de ton sourire
Mes yeux se voilent de brume
La lune éclaire, fidèle, la couche où nous dormions.
Mes mains se posent sur le souvenir
De ton corps abandonné, confiant.
Et j’entends tes soupirs
Résonner en écho.

 

 

MC octobre 2015