Amy Winehouse - BEST LIVE - Back To Black

aq martine 0022

Je l’ai vue, incandescente flamme, devenue son. Je l’ai vue, tu me l’as montrée. Je l’ai vue à travers tes yeux et j’ai vu ce que tu as vu, O.
Son corps en possession ondulant. Ses bras, ses jambes animés de vie propre. De vie ? De mouvements autonomes, comme si un marionnettiste géant avait perdu la tête.
Son visage  presqu’extatique. Dans un au-delà de la vie. Dans une visitation par son art. L’ange de feu de la musique entré en elle à son corps consentant. Allumée par un son venu du fond des temps, un son vivant, à l’intensité chauffée à blanc.

Le feu lorsqu’il reste trop longtemps au contact du métal le transforme en liquide. Mutation et passage par des gammes de couleur des plus étonnantes. Du rouge flamboyant en passant par toutes les nuances d’orangé, pour atteindre l’or du jaune et enfin ce blanc si lumineux qu’il devient pure lumière.
Le vil métal des entrailles de la terre est ainsi magnifié par le feu qui révèle son potentiel à porter la lumière.
Mais le métal perd sa nature froide et sombre.
Une femme, une voix, devenue liquide. Brûlée, consumée, un corps prétexte, un corps, si maigre, un corps liane, désarticulé, un visage sans sourire, des yeux à la Modigliani, entièrement tournés vers l’intérieur, vers ce visiteur, le son, qui a pris possession du corps.

A ce degré d’intensité, comment faire un pas encore ? Où retrouver la joie ? Comment supporter le fade, l’insigne, ce vide que le quotidien ne comble jamais plus ? Il semble que rien n’a plus de sens. Plus rien d’autre que ça, ce feu, ce feu qui nourrit et qui brûle, s’alimentant de la vie de celle/celui qu’il brûle.
Le feu n’a pas d’état d’âme. Sa nature est de brûler.
Rester tiède ou se laisser brûler. Tel est le dilemme de la passion.

Et pourtant la vie nous veut vivant.
Vivant mais vive flamme.
Trouver le chemin au-dessus du brasier. Se laisser consumer tout en restant vivant…
Marcher sur le pont. Et devenir le pont.

 

MC octobre 2015